mercredi 10 juillet 2013

Congé parental... ou pas.

Bon, je dois avouer que depuis hier, avec cette histoire de couches, je suis perplexe.
J'essaie de comprendre l'objet du délit, les propositions du gouvernement, les critiques de l'opposition, les avis en 140 signes sur twitter.
Mais je suis un peu perdue, j'avoue.
Je crois que ce problème de garde d'enfants, de congés maternité, paternité etc, provoque un peu le boxon en Europe. En Allemagne, j'avais lu que le tau de natalité était en chute libre etc.
Et comme désormais le sens du mot famille a évolué. Si si, je vous vois commencer à grogner, mais en votant le mariage pour tous, nos élus ont changé le sens du mot famille. D'ailleurs, ne grognez pas, c'était un des arguments "les familles ne sont plus celles qu'on entend etc etc".
Donc, ne faîtes pas les étonnés.
Et avant de me lapider, je vous invite à aller au bout de la lecture.
Merci bien.
Je disais donc, avant d'être interrompue (ou presque) que le sens du mot famille ayant changé, il va bien falloir organiser les congés parentaux, notamment, en fonction de ces nouveaux paramètres.

Bon, qu'on soit clairs, jusqu'à présent, on fait un bébé, dans le meilleur des cas, au bout de neuf mois, on accouche.
Quand je dis "on", veuillez lire "les femmes", car jusqu'à preuve du contraire, les seules à mettre les enfants au monde sont les femmes. L'épanouissement de la grossesse tout ça tout ça. (d'ailleurs, rappelez moi de vous en toucher un mot de cet épanouissement qui laisse des traces sur les hanches!).

Donc, quelques semaines après avoir mis au monde la 8ème merveille du monde (ne soyez pas modestes), maman reprend sons cartable et retourne travailler.
Et le bébé?
Ah oui, là ça se corse.
Parce que bébé, à quelques semaines, il est difficile de lui laisser des sous en lui disant "Tiens chéri, prends donc un menu best of et poste le chèque pour l'EDF, merci. Bisous".
Donc, il faut faire garder le bambin.
Quand j'étais petite, il paraît que je suis allée à la crèche.
Désormais, et je parle de ma propre expérience hein, la crèche, c'est l'endroit le plus select à Paris.
(Je crois que c'est le cas de beaucoup de grandes villes, mais je n'ai la possibilité de vivre que dans une ville à la fois, oui je sais c'est très limité, je pourrai faire mieux, mais du coup, pour les autres grandes villes, dîtes moi!)
Pour rentrer, faut avoir une invit' depuis avant que tu tombes enceinte, voir avant que tu rencontres le père des tes enfants.
Il n'y a pas de places en crèches.
Mais attention, les crèches existent.
Juste, tu reçois un papier, après avoir rencontré la directrice, qui te dit que "non, il n'y a pas de place. Bien cordialement".
C'est là, que la galère commence.
Oui, parce que papa, a repris le boulot, lui et maman doit encore faire patienter Boss, parce que pour recruter une nounou, qui va coûter un bras, ça se fait pas comme ça.
Ah oui, j'oubliais : il y a les assistantes maternelles. Mais, c'est comme les crèches ça : il n'y a pas de place.
Donc, maman va rencontrer des dames et tester. Pendant ce temps, elle ne va pas travailler hein.
Un beau jour, on trouve la perle, et on retourne à l'école.
Et en retournant à l'école, après avoir montré les photo de bambin, on se rend compte que nos responsabilités ont un peu "changé". Si, si. D'ailleurs, on a changé de bureau aussi.
Bref, ces quelques mois d'absence nous font comprendre que nous ne sommes plus si indispensable.
Donc, on en parle à chéri le soir, on réfléchit, on fait les comptes.
Et on tombe d'accord sur le fait que finalement, on va peut-être élever notre progéniture jusqu'à l'entrée en maternelle.
On gagnera forcément moins de sous, mais vu qu'on travaillait pour payer la nounou, on s'en sort pas si mal.
Voilà.
Seulement le projet de loi proposé hier et qui passera surement pour janvier 2014, dans le but si ce n'est de supprimer, au moins d'alléger les inégalités hommes-femmes, c'est de ramener ces 3 ans à 2 ans et demis, les 6 mois restant pouvant être pris par l'autre parent.
Soyons clairs, on sucre 6 mois sur les 3 ans, faisant ainsi une économie et en donnant l'impression qu'on coupe moins les mères du monde du travail.
Parce que, hors considération de couches, ce qui va se passer, c'est juste que pour les 6 mois restants, on trouvera une solution de garde alternative, mais en aucun cas, les pères lâcheront leurs stylos pour aller remplacer maman à la maison.
Oui oui, je vois déjà les féministes hurler, retirer leurs soutifs pour me le balancer à la figure.

Mais la réalité c'est que dans la grande majorité des cas, c'est maman qui arrête de travailler. Pas parce qu'elle change mieux les couches de papa. Mais parce que souvent, elle gagne moins que papa.

Alors, maintenant, je fais le lien avec mon propos polémiques du début, sur le mariage pour tous.
Si on prend le cas de deux couples homos, deux femmes d'un côté, deux hommes de l'autre. Les disparités de salaire risquent d'être moins importantes. (Je dis bien "risquent", il y aura toujours des exceptions, mais dans ce cas cela ressemblera à un couple hetero où la femme gagne moins que son mari).
Donc, la décision de prendre ou non ce congé parental de 6 mois pour l'autre parent sera plus "simple" à traiter, sur l'aspect financier. L'effet étant amoindri, pour ne pas dire nul.
Bon concernant l'intervention de Valerie Pecresse sur le fait qu'on ne devrait pas limiter à 3 ans etc.
Je ne relève pas. ça ne change rien. A mon sens.
Donc ce n'est pas vraiment par révolutionner le congé parental qu'il faut commencer si on veut gommer les inégalités entre hommes et femmes, mais par l'alignement des salaires.
Ce serait pas incroyable que pour un même poste, un homme et une femme gagnent la même chose?
Franchement.
Un truc de fou.
Parce que là, plus de soucis, que ce soit papa, maman, ou papa 1 ou maman 2, bref, plus de soucis sur l'aspect financier.
Parce que outre le plaisir de changer les couches, de préparer les mixtures aux fruits et aux légumes de bébé, il faut bien les acheter les fruits et le légumes.
Avec des sous.
Parce que les billets de monopoly, ça ne marche pas. J'ai essayé. Cherche pas.
Et puis tiens, si aussi on proposait plus de crèches pour accueillir les enfants, après le congé mat de maman, pour lui permettre de reprendre l'école vite.
A un tarif qui permettrai de ne pas hypotécher les vacances sur les 4 générations à venir.
Ce serait pas mal.
Et ce serait une vraie avancée pour gommer les inégalités Hommes-Femmes.
Pensez-y.
Merci bien.











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