Parfois le calendrier nous fait
de drôles de « blagues ». Aujourd’hui (et demain) nous commémorons
les 70 ans de la rafle du Vel’ d’Hiv. Enfin, pas tous. Car une étude menée par l’UEJF
(Union des Etudiants Juifs de France) et publiée ce matin, nous apprend que 60%
des jeunes de 18-24 ans ignorent cet événement tragique.
Et dans le même temps on apprend
que Laszlo Csatary, un des criminels de guerre les plus recherchés ces quinze
dernières années, responsable de mort de 15.700 juifs, déportés à Auschwitz
pendant la Deuxième Guerre mondiale, a été repéré vivant à Budapest.
Coïncidence étrange donc, quand d’un
côté on tente un devoir de mémoire, sur le passé sombre de la collaboration
française avec le régime nazi, et de l’autre un des acteurs de ce régime est
repéré après quinze ans de recherches. Mais pourquoi donc ce sombre souvenir n’évoque
rien à une partie de notre jeunesse (je ne suis plus incluse dans ce panel…
depuis quelques années déjà). Les programmes d’histoire aurait-il changé ?
Car de mes lointains souvenirs de terminale, la seconde guerre mondiale me
semblait être étudiée. Et par conséquent, la rafle aussi.
Et puis, comment ignorer cet événement
quand on sait qu’en mars 2010 le film « la rafle. » de la
réalisatrice Roselyne Bosch, le raconte justement. On pourrait penser que le
film n’a eu aucun succès. Mais là non plus ça ne marche pas. Avec ses 2 851 122
entrées, le film se place en 7ème position des films de l’année
2010. Le DVD sorti le 7 septembre de la même année est resté numéro 1 des
ventes pendant trois semaines consécutives.
Alors les 2 851 122 tickets
vendus pour le film ont été interdits aux 18-24 ans (interrogés), et ces
derniers ont séché les cours d’histoires impliquant les résultats étonnant du
sondage cité en préambule ? Ou l’explication tient-elle sur autre chose ?
Le 5 juillet dernier, le nouvel
Obs publiait un dossier spécial "Antisémitisme
: ce qu'on ne veut pas dire". Et de lire
le témoignage de Iannis Roder, prof d’histoire géo. Ce dernier confit au
journal être tombé des nues le jour où un élève lui a dit « de toutes
façons, moi j’aime pas les juifs ».
C’était en 1998. L’enseignant explique que selon lui l’idée des juifs encore
victimes devient lassante. (En témoignent de nombreux reportages suite à l’affaire
Merah). Le souci viendrait peut-être de là. De cette lassitude. Mais, ces mêmes
« jeunes » ne sont-ils pas nourris d’images, de conflits qu’ils ne
comprennent pas ? Qu’ils ne maitrisent pas. Ayant aujourd’hui les
conséquences que l’on connaît.
Ainsi donc,
cette méconnaissance de l ‘histoire aurait des conséquences sur notre actualité
(notre présent en quelque sorte). Tiens donc. Pourtant, quand on lit les
commentaires publiés suite à l’article du parisien, on est surpris de constater
à quel point certains trouvent « normal » d’ignorer un fait qui est arrivé
il y a 70 ans. En suivant cette logique on est surpris de voir ces mêmes jeunes
fêter le 14 juillet. Sont-ils plus informés sur la question ?
Toujours
est-il qu’ignorer son histoire c’est un peu se construire un avenir incertain.
Oui, ça fait vieux con de dire ça, mais oh comme j’assume. Je suis la première
à me sentir bête d’ignorer autant mon histoire (celle de mon pays). Alors quand
je lis ce genre de commentaires, je m’inquiète. Non, il n’y a pas que les juifs
qui ont souffert, on le sait, mais quand, comme aujourd’hui on tombe sur des
dates « anniversaires » de ce genre de faits : pourquoi
faudrait-il les ignorer sous prétexte qu’ils n’ont pas été les seuls a souffrir
dans l’histoire. Oui, l’homme a cette drôle de capacité à faire souffrir pour
une religion, une préférence sexuelle, une appartenance politique, une couleur
de peau. Oui, l’homme sait être un con avec son prochain. J'ai bien l'impression qu'il suffit d'allumer sa télé pour en prendre la mesure.
Néanmoins, est-ce une
raison pour « ignorer » ce qui a été fait à certains ? Et se "rassurer" en se
disant que l’ignorer n’est pas un drame?
L’ignorer n’est
pas un drame, c’est vrai. Le drame c’était justement il y a 70 ans.
Vassilia
Petit rappel : la rafle
du Vel' d’Hiv, c’est l’un des épisodes les plus sombres de la collaboration avec
le régime nazi : 13152 hommes, femmes et enfants interpellés par la police
française les 16 et 17 juillet 1942, parqués au Vélodrome d’hiver puis déportés
à Auschwitz. Soixante-dix ans après ce que Jacques Chirac a qualifié en 1995 «
d’heures noires qui souillent à jamais notre histoire » (source http://www.leparisien.fr/societe/memoire-les-jeunes-ne-connaissent-pas-la-rafle-du-vel-d-hiv-16-07-2012-2091767.php)
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