vendredi 25 juillet 2014

Facebook : je vais te dire....

Facebook, je vais te dire : je sature. Je sature de lire ces déversements de haine numérique. Personne n'est en reste. Personne n'est épargné. Je me rends compte a quel point finalement, de part et d'autres, on use des mêmes arguments, des mêmes techniques. Et je sature. De voir des photos d'enfants mutilés, de lire le nom de soldats de 20 ans morts en voulant protéger leur pays. Je sature de lire des statuts de haine, d'appels a la démissions d'élus parce qu'ils auraient trop pris parti, pour l'un, pour l'autre (et parfois alternativement les deux), des protagonistes d'une guerre qui se "joue" depuis des décennies a 4000 km d'ici. Je sature de voir une jeunesse scander des slogans d'une autre époque a l'encontre de ma communauté, alors qu'à bien y regarder : j'ai plus de points communs avec eux, qu'avec les malins qui leur soufflent des idées de complots... Oui, moi la juive séfarade j'ai plus de points communs avec le jeune tunisien de 3ème génération, qu'avec le nostalgique du 3ème Reich qui accroche des posters de Marine le Pen dans son salon. Oui, nos grands-mères ont peut-être partagé leur pain a une période qui me semble appartenir a la préhistoire. Je me rappelle pourtant d'une époque pas si lointaine où j'échangeais avec mes copines musulmanes sur le poids des traditions, l'importance de la transmission... Et ou on constatait avec humour a quel point nous passions par les mêmes interrogations... Alors, oui, je sature de voir ces appels a la haine. De part et d'autre. Pour un conflit qui dépasse nos connaissances. Je sature de lire les analyses des uns, des autres. Les indignés chroniques qui parlent de démocratie, a longueur de statuts, qui appellent a la rébellion quand le gouvernement interdit une manifestation. Ceux qui s'inquiètent pour la liberté d'expression dans le "pays des droits de l'Homme" mais qui ferment les yeux sur quelques slogans antisémites qui passent par la. Cette sacro sainte liberté d'expression fait que la bêtise se libère autant. Sans filtre. La rapidité de communication possible aujourd'hui annule toute possibilité d'analyse à froid. Et rend les gens hystériques. Ce brouhaha continuel, de photos, de vidéos, d'articles relayés plus vite qu'ils ne sont réellement lus est épuisant. Oui, c'est la guerre. Des gens meurent, sont blessés, des familles décimées porteront a jamais les marques d'un conflit qui se "joue" a 4000 km. Mais quand tout cela se sera calmé, parce que l'on sait que c'est malheureusement cyclique, quand la bas, un calme relatif sera revenu, ou seront les géopoliticiens de Facebook? Tout ceci ressemblera a un lendemain de fête beaucoup trop arrosée. Où tout le monde aura lâché sa haine, et se retrouvera comme un con. La-bas, en dépit des images qui nous parviennent, une génération tente et souhaite construire la paix. Des mouvements éclosent la ou se "joue" ce fichu conflit. Pendant qu'ici les communautés se déchirent. Qui gagne a la fin? Marine, en 2017...

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