vendredi 16 septembre 2011

Talent or not Talent, that's the question!

Ma soirée d'hier a été agitée. Non pas parce que j'ai assisté à un concert de rock, ou à une représentation de comédie musicale à la mode. Non.
Ma soirée a été agitée par un très vif échange "virtuel" sur le talent.
Virtuel car il a eu lieu sur un célèbre réseau social dont je tairai le nom, mais ai-je vraiment besoin de faire un dessin?
Tout a commencé parce qu'une amie, pleine de talent a lancé il y a un peu plus de deux ans maintenant, un blog de dessin, basé sur les aventures d'une jeune femme Mimi Stinguette. Un positionnement simple, une jeune fille somme toute "banale", pas un super héros. Juste une fille avec des problèmes "de filles", et une façons drôle de les traiter. Bref, elle fait paraître un dessin tous les jours pairs, donc on rit un jour sur deux. Puis avant l'été, grande nouvelle, un éditeur ayant rit lui aussi, décide d'éditer (c'est son boulot), les aventures de la blonde dans un vrai livre, en chair et en papier. Joie pour l'auteur, ses amis, ses "fans".
Mais stupéfaction chez un certains nombre de jaloux frustrés.
Oui, oui frustrés.
C'est avec eux, qu'hier soir, entre deux bouchées, j'ai échangé sur le talent.
Selon ces individus, cachés derrière des pseudo improbables, et des avatars non moins improbables, ont soutenu de façon "objective" que les dessins de l'auteur étaient "sans talent", que les thèmes abordés étaient frivoles.
Bref en résumé, ils n'aiment pas.
Donc, je pose ici la question du talent. Qui décide que tel ou tel artiste a ou n'a pas du talent?
On peut aimer ou ne pas aimer le travail d'un artiste. Là rien de nouveau. Mais qui peut dire, d'après  quelle autorité, qu'un artiste a ou pas du talent?
Parce que ces virulents interlocuteurs virtuels avaient l'air de se poser en détenteurs absolus des doses de talents attribués à chaque artiste.
Cependant, naïvement, je reste persuadée que le talent ne se décrète pas. Que l'on peut aimer, ne pas aimer, mais de là à dire qu'un artiste est sans talent parce que précisément on n'aime pas son travail. C'est limite fasciste.
"Je n'aime pas, donc tu n'as aucun talent".
Je conçois qu'on puisse ne pas aimer le travail de cette artiste, mais de là à dire qu'elle n'a aucun talent, qu'il est scandaleux qu'elle soit éditée, etc...
A part lire de la frustration...
L'autre critique, en dehors de la qualité des dessins, concernait les sujets abordés par le blog. Un peu trop "girly". Là encore, j'ai envie de poser la question.
Faut-il s'insurger, au nom du combat féministe de nos mères, contre ces magazines, ces blogs, ces séries qui attribuent aux femmes un intérêt pour le shopping, les hommes et les régimes?
Faut-il être une poilue, démodée, obèse et lesbienne pour être crédible comme féministe?
N'a-t-on pas le droit de "combattre" pour des droits égaux entre hommes et femmes (notamment au niveau des salaires, de la représentation en politique...) en étant féminines, minces et pire que tout amoureuse? N'a-t-on pas le droit d'être intelligente, autonomes, indépendante et d'apprécier de rire des aventures d'un personnage maladroit qui se précipite dans les grands magasins dés l'ouverture, le premier jour des soldes? Au péril de sa vie et de ses bonnes relations avec son banquier?
Je n'ai pas l'impression que s'insurger en criant à la misogynie contre les magazines féminins ne fasse avancer le droit des femmes. Le combat est ailleurs mesdames. Il est dans l'éducation que nous donnons à nos enfants (filles et garçons), dans les relations que nous construisons avec les sexe opposé, dans notre capacité à nous engager pour l'éducation des filles à travers le monde, dans des pays où leur avenir consiste à épouser un homme choisi pour elle.
S'insurger contre des modèles "niais" proposés par des artistes, des rédacteurs en chef, c'est stérile. ça ne fait pas avancer la cause de ces femmes qui rêveraient de n'avoir qu'à s'inquiéter que de ce qu'elles vont porter demain, ou de ce qu'elles pourrait bien répondre à ce garçon qui leur plaît bien.
Dans notre petit confort d'Européen(ne), c'est facile de crier au scandale face à la légèreté, mais chaque jour, navrée de répéter ce qui peut être lu dans ces magazines dénoncés, il subsiste des inégalités beaucoup plus graves que celles de "limiter les femmes à des sujets légers".
J'ai envie de vous dire : limiter moi à des sujets légers, cela signifie que j'ai gagné d'autres combats". Seule l'intelligence peut se permettre le luxe d'être légère.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire